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mardi 6 septembre 2011

Fukushima toujours dans la tourmente

        Depuis plusieurs semaines déjà, la catastrophe de Fukushima ne fait plus la une de l'actualité. Pour l'immense majorité de nos concitoyens, la question est réglée et il va quasi de soi que Tepco, et Areva pour ce qui est du traitement des eaux polluées, maîtrisent parfaitement la situation.
        Les personnes qui devaient être évacuées l'ont été, le taux de radioactivité baisse et le Japon, vu de France, est prêt à faire redémarrer des centrales. Du reste, régulièrement, la presse, informée par les soins du lobby nucléaire français, indique que telle ou telle centrale va redémarrer.
          Cela est dramatiquement et tragiquement faux.



Quel est le bilan d'aujourd'hui ?  

-  Des mètres cube d'eau contaminée

       Tout d'abord, les autorités japonaises reconnaissent que la catastrophe est en cours et que rien n'est réglé. Elles admettent que trois cœurs nucléaires ont fondu et que les cuves ont été transpercées. Cependant, ils ignorent ce qu'il se passe aujourd'hui, en particulier ce point vital de savoir si le radié a été percé par le corium ou non, ce qui signifierait, bien entendu, la pollution irréversible de la nappe phréatique.
Concernant le traitement de l'eau, Greenpeace considère qu'il vient à peine de débuter. Les autorités reconnaissent l'entassement de boues radioactives dont évidemment personne ne veut parler mais aussi les millions de mètres cube d'eau contaminée.

-  Les mères inquiètes pour leurs enfants

        Au Japon, comme partout dans les pays membres de l'AIEA, le niveau admissible pour les populations est de 1 millisievert par an. Il est de 20 millisieverts pour les travailleurs du nucléaire. Aujourd'hui, dans les zones où vivent ces gens, dans la préfecture de Fukushima, le niveau est largement supérieur avec 5 millisieverts, jusque parfois 20 millisieverts.
       Ces femmes exigent pour leurs enfants comme pour elles-mêmes le droit de vivre dans un environnement à 1 millisievert. Le problème est que personne n'a les moyens de répondre positivement à leurs questions.

-  Les agriculteurs pas indemnisés

         Du point de vue du changement et des décisions techniques à prendre, le monde agricole n'est pas en reste et devient lui aussi victime de la défaillance des autorités.
          La préfecture de Fukushima promeut les produits agricoles de la région de Fukushima et se plaint des mauvaises rumeurs qui les concernent. La vérité est, bien entendu, que l'immense majorité des produits de cette zone ne devrait pas être consommée mais pour qu'ils ne le soient pas, encore faut-il que les agriculteurs qui les produisent puissent être indemnisés et gagner leur vie.
         Cette situation absolument tragique à laquelle est exposée le Japon s'exprimerait ainsi pour tout pays industrialisé, les mêmes risques produisant probablement les mêmes effets. C'est précisément la raison pour laquelle la chape du silence s'est mise sur le Japon.


      La Japon reste encore dans une situation sanitaire critique.  Le nouveau Premier ministre l'a affirmé lors de sa campagne électorale : le Japon est décidé à ne plus construire de nouvelles centrales nucléaires, ce qui veut dire qu'il va sortir du nucléaire.
       Quand ? Cela dépend, bien sûr, des stress-tests qui seront réalisés et de la réouverture ou non des centrales nucléaires fermées aujourd'hui en raison de la maintenance d'ici mars 2012.




lundi 5 septembre 2011

Climato-stress, une nouvelle pathologie ?

          
            Stress, anxiété, dépression... Le climatique affecterait notre santé mentale, selon une étude de l'Institut du climat australien.

            Février 2009, dans l’Etat de Victoria, Australie. Après trois jours de chaleur record à plus de 43°C, de violents feux de brousse se déclenchent, les pires que l’Etat ait jamais connu.       Bilan : 173 morts et plus de 2000 maisons dévastées. « La tempête de feu est venue sans prévenir. (…) Certaines familles ont été tellement traumatisées qu’elles ne s’en remettront jamais complétement », témoigne Daryl Taylor, un survivant, dans un article de l’Institut du climat australien publié le 26 août dernier.

 

            Dans un rapport intitulé « Un climat de souffrance : les coûts réels de l’inaction face au changement climatique », l’institut de recherche s’inquiète des conséquences des événements météorologiques extrêmes sur la santé mentale des populations.
            Par exemple, deux études parues en février 2011 ont également mis en lumière la responsabilité des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique dans certaines inondations qui ont frappé la planète, comme l’expliquait le météorologue Serge Planton dans une chronique à Terra eco en avril dernier.
            « Les conséquences économiques, les risques pour l’emploi, le logement ou les exportations ont légitimement reçu beaucoup d’intérêt, mais il y a un manque de débat sur les conséquences du changement climatique pour le bien-être et la santé humaine », regrette Tony McMicheal, professeur de santé publique à l’Australian National University et principal coordinateur de cette étude.

            En France, l’Institut de veille sanitaire (InVS) a publié en avril 2010 un rapport sur les enjeux sanitaires du changement climatique. Mais si l’agence publique rattachée au ministère de la Santé dit « suivre de près ces sujets », aucun travaux n’a été effectué sur la santé mentale en particulier, selon Terra Eco.
            « Jusqu’à une date récente, on se préoccupait peu de l’impact des changements climatiques sur la santé », souligne Jean-Pierre Besancenot, ancien chercheur au CNRS, l’un des premiers et rares scientifiques à avoir consacré sa carrière aux effets du climat sur la santé. Outre-Atlantique, une chaire consacrée à la « climatopsychopathologie » sera lancée le 7 octobre prochain à l’Université de Montréal. « On y évoquera notamment l’importance de sensibiliser, éduquer, faire du transfert de connaissances pour apprendre à s’adapter aux changements climatiques », explique Véronique Lapaige, professeur agrégé au département de psychiatrie.

            L’Australie a été durement touchée par des événements météorologiques extrêmes ces dernières années, sécheresses ou inondations massives telles que celles qui ont touché le Queensland en janvier 2011. Selon cette étude, une personne sur cinq souffrira à long terme des effets du stress et d’angoisse liés à ces épisodes traumatiques. Les vagues de chaleur et de sécheresse conduiraient même à des taux de suicide plus élevés de 8%. La publication de ce rapport alarmiste intervient alors qu’on débat justement à Canberra de l’instauration d’une taxe carbone sur les plus gros pollueurs.

mercredi 31 août 2011

El Nino: les futurs conflits

      Les pays tropicaux soumis au phénomène El Nino seraient deux plus susceptibles d'entrer en conflit...  Pourrait-on expliquer les conflits armés par le climat? 

 

 

      Selon une étude publiée 18 Août dernier, les variations climatiques, comme celles d'El Nino et La Nina, ont un impact sur le déclenchement des conflits dans les régions frappées par ces cycles naturels, un phénomène qui risque d'être aggravé par la pollution industrielle. Les pays tropicaux, victimes des tempêtes provoquées par le phénomène climatique El Nino, sont deux fois plus susceptibles d'être frappés par des conflits intérieurs que ceux touchés par le phénomène plus humide et moins chaud appelé La Nina, selon cette étude publiée dans le magazine scientifique Nature.

       La famine en Somalie, doublée d'une guerre civile, qui frappe la Corne de l'Afrique est un exemple-type des effets des variations du climat dont les causes sont naturelles, provoquant sécheresse et tensions dans une société déjà fragilisée, selon les auteurs de l'étude. Ils ajoutent qu'il faudra aussi tirer les leçons des risques venant du réchauffement climatique entraîné, quant à lui, par la pollution industrielle. «L'étude montre indéniablement que même dans notre monde moderne les variations climatiques ont un impact sur la propension des gens à employer la violence», explique Mark Cane, climatologue de l'Observatoire de la Terre Lamont-Doherty auprès de la Columbia University de New York.
Connu sous l'abréviation ENSO (El Nino-Southern Oscillation), El Nino, qui touche l'hémisphère Sud, est un cycle apparaissant tous les deux à sept ans et qui dure entre neuf mois et deux ans. Il inflige des pertes massives à l'agriculture, la pêche et l'exploitation forestière. Le phénomène débute par l'accumulation de masses d'eau chaude dans la partie occidentale du Pacifique tropical et traverse ensuite l'océan. Cette partie du cycle, appelée El Nino, peut susciter des modifications dramatiques dans les précipitations et les températures, déclenchant canicules, vents secs et violents en Afrique, en Asie du Sud et du Sud-Est, en Australie.
Il a été avancé que El Nino a pu jouer un rôle dans 21% des cas de guerres civiles dans le monde
 
      Lorsque le cycle s'inverse, il s'appelle La Nina avec un rafraîchissement des masses d'eau dans la partie orientale du Pacifique, favorisant de fortes pluies dans ces régions. Les auteurs de l'étude ont examiné ces différents phénomènes climatiques observés entre 1950 et 2004 et en ont superposé les données sur les informations concernant les conflits civils internes ayant fait au moins 25 morts par an par pays sur la même période. 175 pays et 234 conflits, dont plus de la moitié ont causé plus de 1.000 morts dans des affrontements, ont été ainsi passés en revue. Pendant les périodes d'observation du phénomène La Nina, la probabilité d'éclatement d'un conflit était de 3% et elle était de 6%, soit deux fois plus, pendant les cycles d'El Nino, selon l'étude. Le risque de conflit dans les pays non touchés par ces deux phénomènes se situait à 2%.
Selon les chercheurs, El Nino a pu jouer un rôle dans 21% des cas de guerres civiles dans le monde, un chiffre qui passe à près de 30% dans les pays spécifiquement touchés par ce phénomène climatique. Solomon Hsiang, principal auteur de l'étude, a qualifié El Nino de facteur invisible car il a provoqué des pertes de récoltes, favorisé des épidémies après des ouragans dévastateurs, amplifié la famine, le chômage et les inégalités qui, à leur tour, ont alimenté dissensions et mécontentements. D'autres facteurs susceptibles d'influer sur le niveau de risque d'une guerre civile sont la croissance démographique, la prospérité et la capacité des gouvernements à gérer les évènements liés à El Nino. Selon Solomon Hsiang, la crise actuelle en Somalie, qui n'était pas incluse dans l'étude, est un «exemple parfait» des conséquences cachées d'El Nino.

source: 2011 AFP via  20minutes.fr

jeudi 25 août 2011

Le DD fait son ciné - Coup de Coeur (2006)

Nausicaä de la vallée du vent (2006)

        Mieux vaut ne pas se fier aux apparences, car derrière son allure de dessin animé pour enfants, ce film est surtout un film de science-fiction très sombre, digne de La planète des singes. La terre a été ravagée par la guerre à outrance et les survivants se retrouvent confrontés à une espèce végétale rendue folle par la pollution engendrée suite aux combats. Celle-ci se comporte comme une bête dégénérée et meurtrière dévorant toute autre forme de vie sur son passage.


Synopsis : Dans un futur indéterminé, notre planète tire une drôle de mine. Et pour cause, elle a été ravagée par une guerre et un cataclysme que les survivants ont appelé les « sept jours de feu » (nucléaire, s’entend). Ces survivants ne sont d’ailleurs pas au bout de leurs peines car la guerre a donné naissance à une forêt mutante, qui ne cesse de grandir en dévorant toute autre forme de vie sur son passage comme un cancer vert engendré par les rejets de la guerre. Le seul espoir pour les humains est une princesse nommée Nausicaä, capable de communiquer avec les autres espèces vivantes.

Contexte : Ce film d’Hayao Miyazaki est un véritable triomphe critique et public dès sa sortie. Il est l’adaptation du manga éponyme écrit et dessiné en 1982 par le même Miyazaki. Il est diffusé tardivement en France, en 2006, alors qu’il a été réalisé en 1984. Ce qui lui donne une vision "quasi-prophétique" : il est sorti seulement deux ans avant la catastrophe nucléaire de Tchenobyl (ou 5 ans avant la catastrophe de Fukushima pour la France). L’auteur est d’ailleurs un écologiste convaincu et la thématique de l’écologie est déjà présente dans de nombreux films qu’il a réalisé, en particulier Princesse Mononoké (2000) ou Pompoko (2006). Là encore il est question du rapport des hommes à la nature et de la nécessité d’une cohabitation harmonieuse. Ce film rejoint assez la thématique du manga Origine (sorti la même année) sur l’idée d’un conflit entre les hommes et la nature. Il faut croire qu’il en a aussi inspiré d’autres, comme Phénomènes (2007) de M. Night Shamalyan où la nature se venge des hommes en les poussant au suicide. Plusieurs mangas ont d’ailleurs une certaine sensibilité écologique. Ils parlent de la nature, comme ici, ou en montrent des solutions d’avenir comme la ville d’Olympus (l’éco-agglomération par excellence d’Appleseed).
Nausicaä est un des premiers films du réalisateur à aborder la question du nucléaire, sujet éminemment sensible au Japon. Seul pays au monde à avoir connu la bombe atomique à des fins militaires, et en 2011, une nouvelle catastrophe nucléaire à la centrale de Fukushima. Même si la menace d’un conflit nucléaire s’est éloignée avec la fin de la guerre froide, le nucléaire reste un danger public. Reste à en sortir sans trop de casse, ce qui n’est pas encore gagné.

Source : greenetvert.fr

mercredi 24 août 2011

A la reconquête des océans : le SeaOrbiter


            Il y a du Jules Verne, pour une grandes explorations universelles, dans le vaisseau imaginé par Jacques Rougerie, architecte français : SeaOrbiter. Ce vaisseau est une plateforme d’observation océanique, dérivant au gré des grands courants et donnant un accès inédit au monde sous-marin. A son bord, 18 membres d’équipage, aptes à vivre « sous la mer » 24h/24 et durablement. Cette maison sous-marine nomade, dont la construction commencera début 2012.
            Haute de 51 mètres, la structure de SeaOrbiter comportera une partie immergée de 31 mètres : une zone pressurisée qui devrait accueillir 8 « aquanautes », pour de longues périodes d’observation des fonds. Dix autres personnes – vivant elles dans la partie supérieure – complèteront cet équipage international. Opérées par câble, des caméras robotisées effectueront des prises de vue jusqu’à 600 mètres de profondeur.


            A l’étude technique, l’appareil est  en train de finaliser l’appel d’offres pour le chantier. Il devrait débuter dans moins de six mois. « Si tout se passe bien, nous participerons ensuite à l’Exposition Internationale YEOSU 2012, en Corée du Sud. Le thème de l’Expo est celui des « côtes et des océans vivants » : nous y présenterons une grande maquette 1/10 de SeaOrbiter. » a déclaré Jacques Rougerie à Terra Eco
            Développer par les recherches internationales : le champ d’exploration sera très vaste. A l’heure actuelle, on ne connaît pas les grands abysses. « Les explorer permettra de préparer le futur, en exploitant correctement les énergies renouvelables issues de la mer. » a affirmé l’architecte. « C’est un champ nouveau, qui appartient au bien commun de l’humanité. »
            Le SeaOrbiter, s’annonce comme complètement transparents sur les données recueillies, et ouvert au plus grand nombre d’institutions scientifiques. Tous les pays sont concerné par les problèmes de climat et de pollution, « il est donc logique de faire participer ce pays à l’élaboration de notre sentinelle des océans. »

            Avec le National Geographic à ses côtés, le SeaOrbiter devra « alerter sur les conséquences de nos actes par rapport aux océans », en divulguant largement les informations scientifiques récoltées par le vaisseau.
Depuis le mois de mai, le magazine est officiellement l’un des partenaires. L’autre étant Rolex ; une entreprise dont les origines sont le monde sous et qui a toujours accompagné et soutenu les grandes expéditions : pensez au Commandant Cousteau ou à Jacques Piccard. « C’est un partenaire tout à fait légitime.» pour M.Rougerie

            Rendez en en octobre 2013 pour les premiers essais, en Méditerranée. Cela sera pour vérifier toute la logistique, tester les différents outils scientifiques et faire des essais sous-marins. Partant de Monaco, SeaOrbiter explorera l’espace méditerranéen pendant six mois, faisait escale à Gênes, Istanbul, Beyrouth, ou Alexandrie.



mardi 23 août 2011

1 Flyers pour les sensibiliser tous

     En Hongrie, l’agence hongroise Akció 360 et le WWF (World wildlife fund) ont eu l'idée de réaliser une des campagnes de sensibilisation à la consommation de papier dans le monde avec UN seul papier.

     Ils ont distribué un seul et unique flyer à 290 000 personnes en le « recyclant » pour le faire passer de mains en mains ! Et tout cela, grâce à l’aide de deux volontaires déguisés en pandas. A vous de juger…


Une idée sur laquelle méditer !

lundi 22 août 2011

Plus le temps passe et plus la forêt amazonienne perd du terrain.

        Entre juillet 2010 et juillet 2011, la forêt aurait encore reculé de 15% selon l’Institut brésilien de recherches spatiales (INPE), qui se base sur des données satellitaires provisoires. Un pourcentage qui représente 2 654 kilomètres carrés de végétation, sachant que les Etats du Mato Grosso et du Para ont été les plus affectés.

      Ce n’est pourtant pas faute d’essayer de juguler le fléau. Durant le sommet de Copenhague (Danemark)  fin 2009, le Brésil s’est engagé à réduire la destruction de la forêt amazonienne de 80% d’ici 2020. Force est d’admettre que c’est plutôt mal parti…
L’ensemble des propriétaires brésiliens doivent théoriquement conserver au moins 80% de végétation sur leurs terres et ceux qui ont défriché illégalement une partie de leur propriété sont obligés de la reboiser. Pour indispensables qu’elles soient, ces mesures risquent toutefois de passer à la trappe. Le nouveau projet de loi House permettrait en effet d’ajuster la précédente loi pour les petits propriétaires, lesquels pourraient être exemptés de la règle des 80%.

     D’après les scientifiques, cette loi House entraînera immanquablement des retours en arrière et  selon les estimations de chercheurs de l’Université de São Paulo légaliserait l’abattage de quelque 220 000 kilomètres carrés de forêt, soit une superficie équivalente à celle de la Grande-Bretagne.
     De fait, plusieurs organismes militent actuellement pour empêcher l’adoption de la nouvelle législation, ainsi le NEPSTAD, le centre de recherche américain sur le déboisement, qui a demandé au gouvernement brésilien de commencer à investir dans des systèmes de protection de carbone forestier (NDLR : la quantité de carbone stockée par la végétation), de récompenser les propriétaires qui ont respecté la loi et de sanctionner plus sévèrement les récalcitrants. Et de souligner l’augmentation très probable des profits qui découlerait de ce projet de loi, d’où la tentation pour les producteurs d’en avoir toujours plus, et au bout du compte une « nouvelle vague » de déforestation.


     Bien que les intérêts ruraux aient dominé les discussions jusqu’ici, la population partagerait l’avis des scientifiques. Selon, un sondage national réalisé en juin dernier par des groupes environnementaux, 85% des Brésiliens seraient ainsi favorables à la protection de la forêt amazonienne, quand bien même de nouvelles mesures restrictives empêcheraient une augmentation de la production agricole. Pourvu qu’ils soient entendus.

vendredi 19 août 2011

Le Mékong va perdre ses Dauphins ?

     La population de dauphins dans le Mékong atteint aujourd’hui des niveaux alarmants. Selon une étude du WWF publiée hier, il ne resterait plus aujourd’hui que 85 spécimens répartis sur une portion de 190 kilomètres entre Kratie (Cambodge) et les chutes de Koné (Laos). « Cette faible population est en danger du fait même de sa petite taille. En ajoutant la pression liée à leur enchevêtrement dans les filets et la mortalité élevée des petits, nous sommes vraiment inquiets pour l’avenir des dauphins », a expliqué  le Docteur Li Lifeng, responsable du programme eau douce du WWF. Des allégations que Touch Seang Tana, président de la commission cambodgienne de conservation des dauphins du Mékong et du développement de l’écotourisme, a cependant rejetées en bloc. « Le WWF ne conduit pas de recherches scientifiques correctes. Je ne sais pas quel type de méthodologie ils utilisent (…). L’an dernier, nous avons comptabilisé 12 naissances », a-t-il indiqué. Selon ses dires, la population de dauphins Irrawaddy augmenterait donc progressivement pour compter aujourd’hui entre 155 et 175 individus, soit environ deux fois plus que les estimations de l’ONG.

Il est donc actuellement impossible de connaître le nombre exacts de dauphins établis dans le Mékong. Nul n’objectera en revanche qu’il s’agit d’une espèce en danger, les Orcaella brevirostris de leur nom scientifique figurant sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) depuis 2008. « Des sondages récents indiquent une baisse spectaculaire dans le Mékong, dans le Mahakam (Indonésie) et dans l’Ayeyarwady (Birmanie).  Chacune de ces trois sous-populations ont été classées comme étant en danger critique dans la Liste rouge de 2004, parce que moins de cinquante individus étaient suffisamment matures pour se reproduire », a également précisé l’organisation, qui a réalisé des projections inquiétantes puisque faisant état d’une diminution constante de la population. De quoi prendre rapidement les dispositions appropriées pour tenter d’endiguer ce phénomène.

     Prenant en compte l’intérêt culturel et financier des Cambodgiens pour cette espèce, le WWF a appelé Pnom Penh à définir un nouveau cadre juridique pour protéger l’espèce et déterminer des zones de conservation. De même, l’association prône des mesures pour interdire certains types de filets de pêche si nécessaire. Selon le Docteur Li Lifeng, « la meilleure chance de sauver cette espèce iconique de l’extinction dans le Fleuve Mékong est de mettre en œuvre une action de conservation commune ». C’est pourquoi « le WWF s’est engagé à travailler avec l’Administration des pêches, la Commission des dauphins et les communautés installées le long du fleuve Mekong pour enrayer le déclin de cette espèce et assurer sa survie ». Il ne pouvait certes pas prétendre y arriver seul.

jeudi 18 août 2011

EELV: Y'a un blème dixit DUFLOT


Laurence Vichnievsky, porte-parole d'Europe Ecologie-Les Verts, estime que "la réduction de la dette nous oblige à revoir notre projet", qualifiant de "lubie" le retour à la retraite à 60 ans défendu par Eva Joly, des propos qui posent "souci" à Cécile Duflot, patronne d'EELV ! 


"Aujourd'hui, la réduction de la dette s'impose à nous comme un rappel au principe de réalité. Elle nous oblige à revoir notre projet, non dans ses principes, mais dans sa mise en oeuvre", écrit Mme Vichnievsky dans une tribune libre dans Libération paru jeudi. "Le retour à l'âge légal de la retraite à 60 ans est une lubie, les créations d'emplois publics doivent être gagées par des suppressions de postes, les investissements publics doivent être financés, non par des économies à venir qu'ils sont censés générer ou par une affectation autoritaire sur l'épargne, mais par des recettes budgétaires concomittantes, les dépenses du système de santé et des collectivités locales doivent être maîtrisées", détaille l'ex-juge d'instruction et conseillère régionale EELV en Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Certaines de ces propositions vont à l'encontre du programme de la candidate EELV à l'élection présidentielle, Eva Joly, qui demande par exemple "le retour de la retraite à 60 ans", contre 62 ans depuis la réforme de 2010.

"Les marges dont nous disposons résident dans le choix d'une fiscalité plus écologique et plus juste", ajoute Mme Vichnievsky. "Les revenus du capital et du travail doivent être taxés de manière égale et progressive. Les inégalités de fortune doivent être limitées par un impôt frappant l'ensemble du patrimoine, sans exonération, lui aussi progressif". "L'urgence, aujourd'hui, est financière", conclut-elle.

Interrogée sur cette tribune en marge des Journées d'été d'EELV à Clermont-Ferrand, Cécile Duflot, patronne d'EELV, a jugé "l'analyse de Laurence Vichnievsky étonnante", "elle n'est pas du tout en phase avec ce qui fait le corpus des écologistes". "Il y a un souci", a-t-elle ajouté. EELV entend "remettre au coeur du projet les services publics" et "envisager le long terme", "on ne peut pas soumettre la politique aux états d'âme ou d'humeur des agences de notation" et on "doit répondre à la crise de manière solidaire", a encore souligné Mme Duflot.

AFP